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Diagnostic social

Analyse des demandes reçues par l’Amo Rythme. (Diagnostic social 2014-2017) 

Sources : dossiers individuels, registre des demandes, fiches individuelles.

Total des démarches faisant l’objet d’un suivi individuel : 292.

(Ceci n’inclus pas les jeunes participant aux activités collectives d’accrochage scolaire)

 

Répartition par âges (chiffres absolus) :

 

 

 

 

292 démarches ont donné lieu à l’identification et au traitement de   

1582 demandes concrètes.

 

 

39% de filles

61% de garçons

 


 

Répartition par catégories.

 

 

Scolarité   Total 576  -  36.4% des demandes. 

 

Famille     Total 292  -  18.4%  des demandes.

 

 

Loisirs     Total 119  -  7.5% des demandes. 

 

 

Justice - institutions      Total 115  -  7.2%  des demandes.

 

 

 

Logement     Total 41  -  2.5%  des demandes.

 

 

Finances        Total 109  -  6.8%  des demandes.

 

 

 

Emploi/job étudiant  Total 123  - 7.7% des demandes.

 

 

Allochtones        Total 66  -  4.1% des demandes.

 

 

 

Santé    Total 141  -  8.9%  des demandes.

 

 

 

 

 

INTRODUCTION

Comment avons-nous concrètement procédé pour l’élaboration de ce diagnostic social ?

Notre diagnostic est élaboré à partir des constats émergeant de nos suivis individuels, de nos actions communautaires (rencontres inter-amo, participation aux plateformes intersectorielles, collaborations nombreuses avec le tissu associatif communal, participation à la concertation locale, à la cellule locale d’accrochage scolaire, …), de nos ateliers collectifs menés dans les écoles et en interne (projet d’accrochage scolaire  financé par le Fond social européen), ainsi que de l’analyse de l’ensemble des demandes reçues au fil des trois années écoulées depuis le dernier diagnostic social.

Globalement, les problématiques rencontrées sont identiques à celles que nous connaissions déjà, avec cependant une différence de taille : les difficultés rencontrées par les familles sont de plus en plus complexes et multiples. La précarité présente dans le quartier de Cureghem est en pleine expansion (de même que la démographie), et de manière très évidente ces deux dernières années. Les mesures prises par le gouvernement fédéral institutionnalisant littéralement la paupérisation ainsi que la relégation sociale autant que culturelle d’une partie grandissante de la population, nous ne pouvons que tenter de faire émerger des réponses qui se font de jour en jour plus difficiles à mettre en œuvre. Les premières victimes de ce choix de société sont les jeunes, qui voient se fermer un nombre grandissant de portes. Notre inquiétude est particulièrement forte concernant les jeunes filles, dont les possibilités d’émancipation sont gravement mises en danger.  

Notre appréhension est grande quant aux perspectives d’avenir d’une jeunesse désabusée, paupérisée, quotidiennement stigmatisée, privée de perspectives, privée d’accès à la culture, orientée au cours de sa scolarité vers les filières de relégation. Une radicalisation généralisée semble avoir gangréné notre quotidien, et il est plus que temps de prendre la mesure de ses conséquences pourtant facilement prévisibles : la jeunesse d’aujourd’hui représente l’avenir de notre société. Refuser l’inclusion, c’est préparer la confrontation.

Les failles sociales et culturelles sont énormes. Le modèle de la lutte des classes jadis basé sur le niveau social et financier des uns et des autres est aujourd’hui dépassé. Il faut y adjoindre une dimension supplémentaire. Les nouvelles technologies ont bouleversé la donne, et si elles sont accessibles à tous en apparence, leur maîtrise, le décodage des données qu’elles véhiculent, sont loin d’être à la portée de tous. L’information et son pendant la désinformation sont omniprésentes, et leur décodage nécessite des outils d’analyse critique qui, quand ils font défaut, peuvent facilement générer des dérives périlleuses.

 

En 2014, notre diagnostic social a objectivé, par une recherche approfondie et relativement exhaustive, les ressources présentes à l’intérieur de la Commune d’Anderlecht, et même bien au-delà. Ce travail est toujours d’actualité, et il ne nous a pas semblé nécessaire de le recommencer. Je pourrais, par la magie du copier-coller, le faire à nouveau figurer dans ce document. Cela ne me paraît pas utile. Nous avons préféré en équipe concentrer notre attention sur les situations concrètes rencontrées.

En fin de ce diagnostic, vous trouverez un document qui résume l’ensemble des problématiques que nous avons eues à traiter, en nombre absolu et pourcentage, avec une comparaison faite par rapport à 2014. Si les difficultés scolaires restent une « porte d’entrée » importante, elles le sont un peu moins qu’avant. Les problématiques familiales sont par contre en nette augmentation, avec une recrudescence de la violence. Les demandes concernant la santé, le logement et les finances sont également en très nette augmentation.

Il est à noter que la multiplicité des demandes concernant un même jeune ou une même famille est très importante : 292 démarches de demandes analysées pour 1582 types de demandes identifiées et traitées.

Une autre évolution notable est que, de plus en plus souvent, il est impossible d’apporter une aide aux jeunes demandeurs sans entamer un suivi familial lourd, impliquant de nombreuses rencontres, des accompagnements dans des démarches extérieures (cpas, sociétés de logements sociaux, police, écoles, plannings familiaux, maisons médicales, médiations avec des propriétaires, SAJ, tribunal de la jeunesse, médiations de dettes, …).

Décrire individuellement des phénomènes singuliers devient donc de plus en plus difficile, ceux-ci s’imbriquant pour constituer une misère sociale et culturelle qui s’étend de plus en plus au sein du « croissant pauvre » de Bruxelles, et ce souvent dans l’indifférence du reste de la population, aveuglée par les discours sécuritaires instillant à dessein une peur diffuse et provoquant un repli communautaire généralisé.

Il faut donc comprendre ce diagnostic social non pas comme une suite de situations indépendantes rencontrées, mais bien comme un « tout » ou chaque phénomène participe des autres.

Comme il n’est pas possible ici de procéder à un développement systématique de toutes les problématiques rencontrées. Nous avons donc décidé de traiter celles qui mobilisaient le plus notre équipe en termes de temps de travail. Nos priorités sont bien entendu dictées par la fréquence de rencontre de ces dernières autant que par la mesure de l’impact que peut avoir leur résolution sur le quotidien des demandeurs.

 

 

1

 CONSTAT

 

 

Problématique scolaire.

Orientation, suivi après ou en cours de procédure d’exclusion, phobies scolaires, recherche de ressources financières, problématiques d’absentéisme, etc…

Il est à remarquer que, si l’on considère les situations d’exclusion scolaire, et de l’aveu de directions d’écoles, moins de 10% d’entre-elle font suite à un comportement grave ayant mis en péril « l’intégrité physique ou psychologique » d’un membre de l’équipe éducative ou de toute autre personne, mais qu’il s’agit de manière générale d’exclusions faisant suite à des comportements « d’usure » qui, légalement, ne peuvent pas faire l’objet d’une exclusion. Mais qui rendent tout travail en classe impossible.

Une phrase classique, entendue de nombreuses fois venant d’une direction d’école : « je le (la) garderais bien, il (elle) n’est pas méchant(e) mais si je le fais, je perds mes enseignants… ».

Une autre constatation évidente, est que le nombre de « décrocheurs passifs », à savoir des jeunes qui ne consomment pas leur rupture avec l’institution-école de manière physique, est en pleine expansion. Cela se traduit par un nombre grandissant d’élèves présents de corps, passivement, chaque jour. Qui ont complètement désinvesti leurs études, sans projets d’avenir, sans espoirs particuliers.

Depuis cette année scolaire, un nouveau phénomène prend de l’ampleur : des jeunes majeurs qui ne sont plus soumis à l’obligation scolaire mais qui veulent à tout prix garder le statut d’étudiant. Non pas dans l’espoir d’être diplômé (ils sont souvent bloqués en 3P, et ce bien au-delà de leurs vingt ans), mais pour continuer à percevoir leurs allocations familiales. Sans CESS, ils n’ont plus la possibilité d’émarger au chômage. Et les cpas renâclent souvent (tout dépend les communes) à leur accorder un revenu d’insertion (ce qui d’ailleurs ne résout en rien leur problème fondamental, mais a le mérite de leur permettre de prendre le temps de structurer un projet personnel).

Les pressions des parents sont évidemment assez fortes, ceux-ci ayant un besoin impérieux de ces maigres revenus.

 

Nous sommes aussi confrontés au manque de place dans les établissements d’enseignement spécialisé. Ce manque structurel permet à certains d’entre eux de sélectionner les élèves acceptés, ce qui conduit à des situations absurdes où des jeunes se voient exclus pour les raisons mêmes qui les ont amenés à être orienté vers ce type d’enseignement.

Par contre, des enfants allochtones, arrivés depuis peu, y sont orientés par défaut, les enseignants du primaire étant -à juste titre- incapables de gérer les classes mixtes où se confrontent cultures et langues diverses qui leur sont imposées.

Dans le secondaire, les jeunes sortant des classes DASPA pour primo-arrivants sont eux massivement orienté … en 3P, où il y a fort à parier qu’ils vont rester longtemps.

 

Enfin, quelques situations interpellantes nous ont été soumises ces trois dernières années : des exclusions scolaires motivées en primaire et même en maternelle !  Même si la fréquence est marginale, cela nous semble pour le moins inquiétant.

 

SOURCES

 

Constats provenant de l’analyse des demandes rencontrées, croisés avec ceux rapportés dans le cadre de l’action communautaire (autre amo, écoles, CPMS,)

Partenaires du projet d’accrochage scolaire financé par le Fond social européen : Cefa Bruxelles-ville, Cefa Brogniez, Institut Marius Renard, Institut Diderot, Institut des Arts et Métiers.

Rencontres menées lors du développement du projet « On décolle ».

QUANTIFICATION

 

36.4 % des demandes reçues impliquent une difficulté liée à la scolarité.

QUALIFICATION

.

 

Elèves exclus pour lesquels les Commissions zonales peinent à trouver un nouvel établissement.

Elèves ayant accumulés un nombre souvent très important de demi-jours d’absence non justifiés et qui ne comprennent pas ce que signifie la qualification d’élève « libre » (qui porte très mal son nom).

Parents totalement perdus devant la complexité du système scolaire.

Elèves en quête de nouvelles orientations.

Elèves n’ayant pas obtenu leur CEB à l’issue de l’enseignement primaire et ayant statistiquement fort peu de chances de l’obtenir en 1 D ou 2 D. Ceux-ci sont donc majoritairement (près de 90% d’entre eux) orientés en 3 P au terme des trois années passées au premier degré.

Parents demandeur d’une aide pour remplir les documents d’inscription (surtout au moment de l’entrée en secondaire).

Etc…

 

IDENTIFICATION

 

 

Lorsque j’ai rempli le dossier concernant le projet « Fond social européen », nous avons découvert avec surprise la définition (pour l’Union européenne) d’un jeune en décrochage scolaire. Il doit avoir au moins 15 ans (?), avoir au moins un an de retard, avoir des difficultés en discipline, et compter au moins dix jours d’absence non justifiée au cours de l’année écoulée. J’ai donc contacté nos écoles partenaires pour connaître le pourcentage d’élèves concernés. J’ai obtenu partout la même réponse : « 100%, mais surtout ne l’écris pas… dis plutôt 70% » !

 

CONTEXTUALISATION 

 

 

Tous les mineurs de plus de six ans sont soumis à l’obligation scolaire.

Les acteurs concernés sont donc : les écoles (ainsi que les différents pouvoirs organisateurs), tous les jeunes et toutes les familles ayant au moins un enfant…

Le travail d’identification des différents acteurs, services, écoles, présents sur le territoire de la commune d’Anderlecht a été réalisé il y a trois ans (cf. notre diagnostic précédent), et est actualisé (et utilisé) régulièrement par l’équipe de l’AMO.

 

LOCALISATION

 

Le problème est généralisé à Bruxelles, à tout le moins dans le croissant pauvre.

 

2        –   ANALYSER ET INTERPRETER LE PHENOMENE

 

CAUSES

 

Le nœud de la problématique est le manque de sens.

Pourquoi en effet s’impliquer scolairement si cela ne mène pas de manière évidente à un mieux-être potentiel.

L’école ne joue plus son rôle d’ascenseur social, ce qui était son moteur principal. Nous sommes donc confrontés à des jeunes qui « purgent leur peine » … souvent sans jamais dépasser la troisième professionnelle.

On peut épingler, et c’est loin d’être nouveau :

-        Concentration d’une population socialement défavorisée dans des quartiers-ghettos.

-        Manque de compréhension par les familles du rôle ainsi que du mode de fonctionnement de l’institution-école.

-        Manque de perspectives proposées aux étudiants, qui se voient d’autorité orientés vers des sections sans réels débouchés, singulièrement plus nombreuses dans les quartiers concentrant le plus grand nombre de jeunes précarisés.

-        Inadéquation entre l’offre scolaire et la réalité des perspectives d’emploi futures.

-        Malaise généralisé dans le chef de enseignants qui ont de plus en plus de mal à donner un sens à leur profession (sections qualificatives et professionnelles essentiellement).

-        Distance abyssale entre le discours de l’école et le message global : conciliation difficile entre le temps nécessaire à l’apprentissage et l’immédiateté de la satisfaction…

-        Stigmatisation de pans entiers de la sociétés pour cause d’appartenances sociales ou culturelles mal perçues par le reste de la population.

 

DROITS DES JEUNES

 

Déclaration relative aux droits de l’enfant :

 

« Les Etats parties encouragent l'organisation de différentes formes d'enseignement secondaire, tant général que professionnel, et les rendent ouvertes et accessibles à tout enfant » …

« Ils assurent à tous l'accès à l'enseignement supérieur, en fonction des capacités de chacun, par tous les moyens appropriés »
 « Ils rendent ouvertes et accessibles à tout enfant l'information et l'orientation scolaires et professionnelles »

 

Si, en théorie ces prescrits sont respectés, dans les faits l’accessibilité est pour le moins rendue problématique pour un certain nombre de jeunes, pour les raisons évoquées ci-avant.

Il en va de même de la lecture du décret-mission dont les prescrits définis dans l’extrait ci-joint sont loin d’être une réalité dans les faits.

 

Décret définissant les missions prioritaires de l'enseignement fondamental et de l'enseignement secondaire et organisant les structures propres à les atteindre

 

CHAPITRE II. - Des objectifs généraux de l'enseignement fondamental et de l'enseignement secondaire

 

Article 6. - La Communauté française, pour l'enseignement qu'elle organise, et tout pouvoir organisateur, pour l'enseignement subventionné, poursuivent simultanément et sans hiérarchie les objectifs suivants :

 

1° promouvoir la confiance en soi et le développement de la personne de chacun des élèves ;

 

2° amener tous les élèves à s'approprier des savoirs et à acquérir des compétences qui les rendent aptes à apprendre toute leur vie et à prendre une place active dans la vie économique, sociale et culturelle ;

 

3° préparer tous les élèves à être des citoyens responsables, capables de contribuer au développement d'une société démocratique, solidaire, pluraliste et ouverte aux autres cultures ;

 

 

4° assurer à tous les élèves des chances égales d'émancipation sociale.

 

 La mise en œuvre progressive du Pacte d’excellence sera à suivre de très près, mais on voit mal, sans investissements massifs et sans adhésion totale du corps enseignant, comment celui-ci pourra résoudre en profondeur les problèmes décrits.

 

RESSOURCES

 

Le phénomène est conscientisé par un nombre d’acteur de plus en plus important. Des enseignants, des directions d’écoles, des travailleurs de CPMS, des éducateurs, des médiateurs scolaires, le délégué aux droits de l’enfant… nombreux sont ceux qui s’investissent activement dans la recherche de solutions. Nombreux sont les projets qui voient le jour, tels le nôtre, financés par le Fond social européen. Des écoles à pédagogie actives sont créées çà et là.

 

QUESTIONNEMENTS

 

L’école est le reflet de la société. Elles sont indissolublement imbriquées. Faire évoluer la première dépend donc de la direction prise par la seconde.

Il est donc assez difficile, aujourd’hui, de déborder d’optimisme.

Cependant les pistes de réponse sont là. Il appartient simplement aux politiques, et in fine aux électeurs de faire des choix.

Nous recevons aujourd’hui les enfants dont les parents, en leur temps déjà, ont désinvesti l’école. Ils estiment (parfois à juste titre) qu’elle ne leur a rien apporté. On peut donc considérer que deux générations aujourd’hui ont été sacrifiées. Il n’est sans doute pas trop tard pour agir, mais il est plus que temps.

L’ignorance et le manque de culture ne peut que générer plus de lui-même.

Ce qui, à terme, est explosif.

A cela s’ajoute la problématique des familles issues de l’immigration récente, souvent contrainte à l’exil, qu’il soit économique ou humanitaire. Outre le problème de la langue, celles-ci doivent intégrer les codes de l’institution-école alors que jamais auparavant parfois elles n’ont eu l’occasion d’en fréquenter une (et, pour ceux qui ont eu cette chance par le passé, celles qu’ils ont fréquentées ne pouvaient être que très différentes des nôtres…).

 

EVENTUELS APPORTS DE LA CONTRE-EPREUVE [1] 

 

Réponse parlementaire de Madame Marie-Martine Schyns de ce 14 mars 2017 :

 

 


 

 REGARDS

 

Information déjà donnée.

HYPOTHESES STABILISEES 

L’ensemble des acteurs, tant les travailleurs sociaux que les acteurs présents dans l’école (directions, CPMS, éducateurs, enseignants, médiateurs) partage les constats faits (entre-autre) par notre Amo.

3  –  AGIR

 HYPOTHESES D’INTERVENTION

 

Continuer à agir avec les professionnels actifs sur le terrain, mener des actions de sensibilisation, fédérer des énergies, communiquer vers la population, mutualiser les interpellations …

Les jeunes, mais aussi les éducateurs et les enseignants ont un intérêt commun. Tout projet susceptible de favoriser le dialogue est intéressant. Celui-ci est hélas souvent inexistant.

 

           PRESENTATION

 

 

-        Participations aux plateformes intersectorielles.

-        Rencontres avec les directions, les enseignants, les éducateurs.

-        Participation à une plateforme de réflexion incluant le délégué aux droits de l’enfant, représentants des SAS, médiateurs scolaires, directions de CPMS, d’AMO, et éducateurs. Production d’un texte mis en mot par Jean Blairon (RTA) Quelles politiques et pratiques en matière d’accrochage scolaire en région bruxelloise ? Tentative d’analyse partagée. (http://www.cbcs.be/IMG/pdf/rta2016m3n2.pdf?962/608b2e3fae68d62b6f59669a9affd714b383bc11)

 

-        Interventions dans les écoles. Travail avec les groupes-classe. Projet s’étalant sur plusieurs mois.

 

 

Objectifs :

 

° Permettre aux étudiants de se réapproprier un espace libre de parole et de création au sein de leur établissement scolaire, en impliquant leurs enseignants et éducateurs. La finalité est l’enregistrement d’un cd comportant uniquement des chansons originales créées collectivement. Si celle-ci est primordiale pour l’accomplissement du processus, c’est bien celui-ci qui est riche, par le rapprochement de deux « mondes » de plus en plus séparés par une frontière infranchissable : celui des étudiants et celui des enseignants.

 

° Restaurer l’estime de soi des étudiants en leur démontrant concrètement que leur parole est intéressante.

 

-        Module d’accrochage scolaire dans les locaux de l’AMO.




-        Participation au projet « On décolle » de la cellule locale d’accrochage scolaire d’Anderlecht (CLAS) amenant concrètement les différents acteurs de terrain à se rencontrer et échanger sur la problématique.

-        Participation à la plateforme intersectorielle organisée à l’Institut Notre Dame dans le cadre d’un projet « Fond social Européen » réunissant acteurs de l’école, du CPMS, de l’antenne scolaire et deux Amo (TCC Accueil et Amo Rythme).

 

4   –   EVALUER L’ACTION [2]

EVALUATION INTERMEDIAIRE

 

Héritiers des modules MFI que nous organisions en partenariat avec les cefa de la Ville de Bruxelles et d’Anderlecht, les ateliers « FSE » ont fait la preuve de leur opportunité. Les projets menés avec les participants aboutissent, les écoles sont en demande constante d’un élargissement de ceux-ci, et souhaitent leur pérennisation, et les jeunes y sont actifs.

Il en va de même pour les projets (comparables) se tenant à l’intérieur des murs des écoles.

 

EVALUATION FINALE

. 

 

Je ne peux ici que répéter ce qui figurait déjà dans notre ancien diagnostic social. La position des demandeurs a certes évolué depuis trois ans. Elle a empiré. La situation dans laquelle se trouvent les jeunes et les familles qui font appel à nous n’a fait que se détériorer au fil des années, à tel point que l’équipe de l’AMO s’interroge quelque fois sur le glissement sémantique du mot « prévention » qui, pour certains, semble devoir parfois avoir pour seul objectif de réfréner des révoltes potentielles pourtant de plus en plus légitimes…

 

Nos actions sont concrètes, mises en œuvre depuis plusieurs années pour certaines, efficaces dans la mesure de nos moyens et tenant compte du contexte dans lequel elles s’inscrivent.

Elles n’excèdent pas, dans leur mise en œuvre, les moyens disponibles au sein de notre service. Elles nous paraissent donc efficientes.

 

Il est paradoxal ici d’aborder la notion d’équité, puisqu’il s’agit justement de tenter de remédier à un manque d’équité dans le traitement des jeunes face à leur scolarité, face à leurs perspectives d’avenir. Comme nous ne pouvons toucher tous les jeunes se trouvant dans cette situation, bien qu’étant à leur disposition s’ils nous sollicitent, non, nos actions ne sont pas « équitables » … Elles sont une goutte d’eau. Elles nous paraissent néanmoins essentielles dans le contexte actuel.

 

 

 

2.

 

 

CONSTAT

 

 

Précarité grandissante des familles.

Le constat développé ici sous une description générique, inclus à lui seul la quasi entièreté des situations rencontrées ces trois dernières années.

S’il était naguère possible dans un grand nombre de cas de travailler avec le jeune demandeur d’une aide sans nécessairement impliquer son cercle familial, c’est devenu aujourd’hui pratiquement impossible, tant les difficultés sont nombreuses et imbriquées les unes dans les autres. Nous rencontrons de plus en plus de familles que nous devons aider à résoudre un nombre important de problématiques de base avant de pouvoir entamer un véritable travail spécifique avec le jeune. Les raisons pour lesquelles on nous sollicite sont d’ailleurs de plus en plus souvent de l’ordre de la survie quotidienne.

Il est illusoire, par exemple, de parler de choix de vie, d’orientation scolaire ou encore de problème d’addiction ou de violence, si les besoins vitaux : un toit, de la chaleur, de la nourriture, un lit ou dormir, un minimum d’intimité, … semblent des rêves inatteignables.

Qu’on l’aborde par le biais des problématiques strictement familiales (292 demandes reçues, 18.4% du total), liées à la santé (141dem. – 8.9%), à la justice (115 dem. – 7.2%), aux loisirs (119 dem.  – 7.5%), à la recherche d’emploi (123 dem. – 7.7%), aux finances (109 dem.  – 6.8%), à l’intégration (66 dem.  – 4.1%%), ou encore à la recherche de logement (41 dem. – 2.5%), la cause première, in fine, est toujours la même, à savoir une précarité multifactorielle dont nous ne pouvons observer sans doute qu’une partie des facettes.

Nous observons, surtout ces deux dernières années, une paupérisation grandissante de la population du quartier, doublée d’une explosion démographique liée en partie à la vague de réfugiés, mais qu’il serait certainement pertinent de mettre en lien également avec le nombre important de « contrats de quartier » fleurissant dans notre entourage proche (canal, quartier de la roue, des abattoirs…) qui ont pour effet de déplacer les populations les plus fragiles.

Le phénomène n’est pas neuf, comme le démontrent ces chiffres de 2015.